Bonjour,


Je suis doctorant en histoire à l'université de Caen Normandie au "Pôle Rural" de la MRSH. Mon sujet de thèse étant : "Le sarrasin dans l’histoire des populations de l’Ouest: L’impact d’une plante secondaire dans l’évolution démographique, technique, économique et sociale de la Basse-Normandie du XVe au XIXe siècle."


J'ai créé ce blog pour communiquer sur mon sujet de recherche et échanger mes idées avec d’autres personnes. Le but étant de nourrir, ainsi, une réflexion globale du sujet en vue de mon futur mémoire de thèse.

vendredi 25 octobre 2013


Le tableau "Le champ de blé d'or et de sarrasin" de Paul Sérusier rentre au musée d'Orsay


"Le champ de blé d'or et de sarrasin", un tableau de Paul Sérusier, figure emblématique du mouvement pictural des Nabis, mis en vente aux enchères à Brest, a été préempté samedi par le musée d'Orsay. La toile, estimée entre 150.000 et 200.000 euros, avait été adjugée 229.000 euros (hors frais) lorsque le conservateur au musée d'Orsay en charge des acquisitions s'est levé de sa chaise et a lancé "préemption au bénéfice du musée d'Orsay", déclenchant des applaudissements dans la salle des ventes. "L'Etat a 15 jours pour confirmer par écrit que la préemption est validée", a précisé le commissaire priseur Philippe Lannon, de Thierry-Lannon et associés, organisateurs de la vente. "Ce sera confirmé", a assuré auprès de la presse Yves Badetz, conservateur en charge des arts décoratifs mais aussi des acquisitions au musée d'Orsay. "On est ravis de l'avoir acheté". Le tableau, une huile sur toile de 1,03 m sur 0,47m, a été peint vers 1900, soit environ douze ans après que Paul Sérusier eut rencontré Paul Gauguin, à Pont Aven, ville qui attire alors nombre d'artistes français et étrangers. Sous la direction de Gauguin, a rappelé Philippe Lannon auprès de l'AFP dans un entretien avant la vente, Sérusier va peindre "Le Talisman", une oeuvre déjà détenue par le musée d'Orsay. "Le Talisman" deviendra une oeuvre de référence pour tout le groupe qui formera avec Sérusier les Nabis (prophètes en hébreu), un mouvement post-impressionniste qui va se développer à la fin du XIXè siècle et au début du XXè siècle. "La toile +Le champ de blé d'or et de sarrasin+ "combine les trois éléments de l'époque", avait commenté Philippe Lannon : "une partie inférieure, japonisante, alors que les artistes de la fin du XIXè siècle sont marqués par l'art japonais, une partie impressionniste avec les champs de blé d'or, et une partie synthétiste", en haut du tableau avec le ciel et les pins , avait décrit le commissaire priseur. Avec cette toile, "on a là la préfiguration de l'art moderne", avait poursuivi Philippe Lannon. Selon Yves Badetz, les responsables du musée d'Orsay sont venus à Brest cette semaine pour voir le tableau et "ont tous été convaincus. Il a un format assez particulier et une mise en page particulière avec un côté scintillant". "C'est le côté atypique de ce tableau qui nous paraissait indispensable" pour les collections du musée parisien. Il y avait pour cet achat "une limite" en terme financier, mais "elle est confidentielle", a ajouté Yves Badetz, qui a confié que "c'est difficile pour nous d'acheter face aux cours internationaux de la peinture que couvre le musée d'Orsay, les Impressionnistes, les Nabis, les Fauvistes, tout ce qui est recherché aujourd'hui", a-t-il pointé, précisant que le budget annuel d'acquisition du musée d'Orsay "tourne autour de 3 millions d'euros par an". Outre "Le champ de blé d'or et de sarrasin", deux autres toiles de Sérusier étaient proposées à la vente, parmi quelque 470 lots, en majorité des oeuvres des écoles de Pont Aven et bretonnes. "Le Moulin", daté de 1919, estimé entre 40.000 et 60.000 euros, a été adjugé 59.000 euros. "La légende de Sainte-Triphine", réalisée vers 1904, estimée elle aussi entre 40.000 et 60.000 euros, a trouvé preneur à 38.000 euros.  
© 2013 AFP



http://www.gazette-drouot.com/static/magazine_ventes_aux_encheres/coup_de_coeur_enchere/040513_tableauSerusier.html

jeudi 4 juillet 2013

Le rôle du sarrasin dans les crises de subsistance du XVIe au XXe siècle dans le cadre du séminaire annuel du Pôle Rural


Le rôle du sarrasin dans les crises de subsistance du XVIe au XXe siècle 
dans le cadre du séminaire annuel du Pôle Rural
MRSH de Caen 

Alain-Gilles Chaussat

Résumé de la communication
Dans son article "la diffusion du blé noir en France à l'époque moderne[1]", Michel  Nassiet avance l'hypothèse que l'introduction du sarrasin dans la rotation culturale du Massif armoricain provoqua l'extension céréalière nécessaire à la croissance démographique du XVIsiècle. À cette vision structurelle du rôle du sarrasin dans la démographie, il semble opportun de s'interroger sur une dimension plus conjoncturelle autour des crises de subsistances. Du XVIe au XXe siècle, les exemples de l'utilisation du sarrasin dans l'atténuation des crises de subsistances en Bretagne et Basse-Normandie ne manquent pas.
Outre le fait que cette polygonacée s'accommode aisément des sols hostiles au froment, elle détient d'autres avantages non négligeables : son cycle et ses rendements élevés. Emblavé vers le mois de juin et récolté en septembre, le sarrasin est moins assujetti aux aléas météorologiques que les "bleds" d'hiver (d'octobre à août) ou de printemps (de mars à août). On peut ainsi replanter du sarrasin dans un champ de "bleds" ayant été ravagé et permettre une récolte salvatrice à l'automne.
L'importance du sarrasin dans les populations de l'Ouest s'appréhende également dans l'étude locale et singulière des mercuriales. La comparaison des coefficients de variation permet de comprendre les logiques de consommation des masses en temps de crise. Quant aux  coefficients de corrélation, ils permettent de déterminer la part d'indépendance de cette plante face au froment. Le sarrasin étant une denrée cultivée et consommée localement, elle échappe aux logiques économiques nationales, voire internationales à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. D'ailleurs, l'évolution de la place du sarrasin dans les mercuriales est perceptible entre les crises d'Ancien Régime et celles du XIXe siècle.
Néanmoins, le sarrasin n'est pas le seul aliment à jouer un rôle d'atténuation durant ces périodes difficiles. D'autres denrées telles que l'orge, la pomme de terre, la châtaigne, le maïs, le riz, et même le beurre, ainsi que certaines politiques publiques de régularisation des prix, permettent aussi l'atténuation des crises de subsistances. Malgré tout, l'apport du sarrasin en association avec d'autres plantes s'avère être un apport non négligeable dans l'apaisement des crises de subsistances pour le bocage Bas-Normand et la Bretagne.
Plus que le sarrasin, ce qui semble important pour Alain-Gilles Chaussat, c'est bien l'étude locale des systèmes de polyculture et l'impact qu'a pu avoir l'arrivée de nouvelles denrées dans les sociétés rurales, d'un point de vue du "fait social total".


[1] Michel Nassiet, La diffusion du blé noir en France à l'époque moderne, Histoire & Sociétés Rurales1998, no 9pp. 57‑76.

dimanche 8 juillet 2012

Spéciale Crêpes sur France Inter

L'émission "On va déguster" de François-Régis Gaudry sur France Inter propose une spéciale Crêpes ce dimanche 8 juillet 2012
Vous pouvez retrouver le podcast ici :
http://www.franceinter.fr/emission-on-va-deguster-speciale-crepes-0


vendredi 8 juin 2012

Podcast du colloque Goût de l'authentique et la construction des paysages émotionnelle touristiques

Vous pouvez retrouver mon intervention L'évolution de la perception du sarrasin du XVIe au XXIe siècle présentée lors du colloque "Goût de l'authentique et la construction des paysages émotionnelle touristiques" à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) le 6 juin 2012.







mercredi 2 mai 2012

Prochaine communication sur le sarrasin

Dans le cadre du colloque intitulé "Goût de l'authentique et construction émotionnelle des paysages touristiques" qui aura lieu le 6 et 7 juin 2012 à Saint-Brieuc, je réaliserai une communication sur le sujet : « La perception du sarrasin du XVIe au XXIe siècle : Antagonismes et évolution ».




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La perception du sarrasin du XVIe au XXIe siècle : Antagonismes et évolution
Alain-Gilles Chaussat
CRHQ (UMR – 6583) / Pôle Rural - MRSH Université de Caen Basse-Normandie




L’un des aspects les plus surprenants dans l’histoire du sarrasin est la dichotomie entre réalité et représentation. Du XVIe siècle à nos jours, le sarrasin fut victime de nombreuses méconnaissances, à commencer par sa nature. Classé dans les « bleds » ou les « menus grains » sous l’Ancien Régime, cette polygonacée est encore considérée, à tort, comme une céréale. Cette erreur incombe vraisemblablement à sa dénomination bretonne : « blé noir ». Le terme de sarrasin entraîne lui aussi une méprise, mais sur son origine. Que ce soit au XVIIe siècle dans L’histoire générale des plantes de Jacques Dalechamps(1) ou au XXIe siècle sur le site Internet de l’association « Blé noir tradition Bretagne », le sarrasin proviendrait d’Afrique ou du Moyen Orient. Or, il est originaire d’Asie du Nord-Est(2).
Juste bon à pousser sur les mauvaises terres et à nourrir les plus pauvres, il est néanmoins apprécié par tous, lorsque vient le temps des crises. Si les élites laïques et religieuses le méprisent dans leurs écrits, elles n’hésitent pas pour autant à se lancer dans de longs et couteux procès pour en récupérer dîmes et banalités. En 1967, Maurice Lantier(3) reprend les questionnaires de l’enquête de 1836 sur l’agriculture du canton de Mortain et la compare à une agriculture archaïque d’Ancien Régime, notamment parce que la principale culture en est le sarrasin.
Récemment, Florent Quellier(4) s’est interrogé sur la patrimonialisation culinaire de la galette de sarrasin en Bretagne qui ne serait pas un mets spécifiquement local, mais la survivance d’un archaïsme culinaire autrefois présent sur l’ensemble de l’hexagone. La multiplication des crêperies dans l’actuelle capitale bretonne correspond-elle à l’émergence de l’identité régionale et du tourisme culturel régional ? On pourrait croire que la crêperie n’est qu’une construction du siècle dernier, symbole d’une économie touristique ayant supplanté le secteur industriel. Cependant, les inventaires après-décès rennais du XVIIIe siècle font état de plusieurs « galetteries », ancêtres de nos crêperies actuelles. Sarrasin et crêperie : réelles spécificités bretonnes ou constructions marketing d’un territoire à l’identité régionale importante ? Pour répondre à cette question, il nous faut définir la place du blé noir en Bretagne et plus globalement dans les populations de l’Ouest (Bretagne, Normandie, Mayenne, Main, etc.) ainsi que dans les autres zones où il fut fortement consommé. Inventaires après-décès, statistiques agricoles, mercuriales, livres de raison, livres de comptes, sources judiciaires, écrits administratifs de toutes époques... C’est un ensemble de sources comprises entre le XVIe et le XXe siècle qui sera sollicité pour tenter de répondre à cette question.
Si au XXe siècle le blé noir est devenu pour le consommateur un plat typique de Bretagne, sa réputation s’est également améliorée chez les élites intellectuelles. On est loin des descriptions péjoratives des physiocrates et autres médecins des siècles précédents. Dès les années 1900, avec la thèse du Dr Miège(5), le phagopyrum trouve ses lettres de noblesse auprès des sciences dures, pour recevoir aujourd’hui un véritable plébiscite nutritionnel et médical ! Il est utilisé en pharmacologie pour la rutine, préconisé par les nutritionnistes pour ses acides aminés essentiels, ses grains hautement nutritifs, sa richesse en fibres solubles et en composés antioxydants... En médecine, certaines protéines propres au sarrasin ont été utilisées pour le traitement de cancers sur des rats (tumeurs mammaires ou du côlon) ainsi que des maladies cardio-vasculaires(6).
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1 Jacques DALECHAMPS et Jean DESMOULINS, Histoire généralee des plantes, Lyon, Les héritiers de G. Rouillé, 1615, vol. 2/, 633 p. 2 Jacques BERTIN, Atlas des cultures vivrières, Paris, Mouton, 1971, (41 p.-18 cartes)
3 Maurice LANTIER, « Quand le Mortainais cultivait le sarrasin (1836) », Revue du département de la Manche, 1967, no 33.
4 Florent QUELLIER, « Identité gourmande de la Bretagne moderne (XVIe - début XIXe siècle) », Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine, 2011, no 115-140.
5 Emile MIEGE, Recherches sur les principales espèces de Fagopyrum (Sarrasin), Impr. des arts et manufactures, Rennes, 1910, 444 p. 6 Sophie DEL REY, Le sarrasin  : intérêts nutritionnels et thérapeutiques, Thèse d’exercice, [s.n.], [S.l.], 2010, 83 p. 

mardi 21 février 2012

Podcast du RUCHE : "La culture du sarrasin : une solution à un environnement hostile ? "


Vous pouvez retrouver mon intervention "La culture du sarrasin : une solution à un environnement hostile ? " présentée lors du séminaire du RUCHE (Réseau Universitaire de Chercheurs en histoire Environnementale) le 19 janvier 2012 à l'EHESS (Paris).





samedi 3 septembre 2011

Le sarrasin d'un point de vue nutritionnel


Bonjour,

Vous trouverez sur ce site québécois " passeportsante.net " une excellente et très complète fiche sur le sarrasin d'un point de vue nutritionnel.

http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=sarrasin_nu

La qualité de rédaction, la bibliographie complète et le statut des auteurs me semblent être garants du sérieux de cet article : 

Recherche et rédaction : Caroline Trudeau, Dt.P. Nutritionniste, Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF), Université Laval
Collaboration : Jasmine Coulombe, étudiante en nutrition, Université Laval
Révision scientifique
 : Sophie Desroches, Dt.P., M.Sc., candidate au doctorat, Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF), Université Laval.
Coordination
 : Louise Corneau, Dt.P., M.Sc., nutritionniste, Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF), Université Laval (novembre 2006)



http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=sarrasin_nu